-Burbujona-

28 octobre 2009

Les irréductibles à Cluny

Une exposition consacrée à nos très chers héros nationaux Astérix et Obelix débute ce mardi 28 octobre à Cluny à l'ocasion du cinquantième anniversaire de la création des deux gaulois apparus pour la première fosi dans le n°1 de Pilote le 26 octobre 1959. Depuis l'apparition du petit blond moustachu et du gros bas de poitrine dans Pilote, les deux personnages ont fait du chemin. Quand le premier album "Astérix le gaulois", sortie en 1961 fut tiré à 6000 exemplaires, 3 200 000 exemplaires du dernier album d'Uderzo "Ciel lui tombe sur la tête" furent vendu. Un succès unanime, un "suffrage universel de la culture" si l'on reprend les termes de Pascal Ory, historien et biographe de Goscinny. Et en effet, Astérix traverse les castes sociales et les frontières. Traduit au tôtal en 107 langues: Allemagne,Pays Bas,Royaume Uni,Suède,Espagne,et même jusqu'au Brésil, tous plébiscitent les deux personnages de Goscinny et Uderzo.

L'exposition consacrée à Asterix au musée du Moyen Age de Cluny est l'ocasion de voir des planches originales de la bande dessinée et de redécouvrir le trait pointu et caricatural d'Uderzo mis en valeur par le noir et blanc de l'encre de Chine. On se surprend à avoir oublié l'existence d'"Astérix et la serpe d'or" et d'"Astérix le gaulois", les premiers album où les personnages sont encore esquissés, avec un Obélix presque maigrichon! Une exposition très légère, qui nous laisse sur notre faim. On aimerait en apprendre plus sur cette bande dessinée qui reste pour beaucoup d'entre nous la base de nos connaissances sur l'antiquité romaine.L'exposition est toutefois l'ocasion de découvrir le musée de Cluny, et de se promener dans le frigidarium (c'est à dire la partie des termes romains où les bains sont pris froids). Espérons qu'un projet de plus grande envergure sera consacré aux deux gaulois, une lecture sociétale et culturaliste de cette Bande dessinée dont le succès est sans équivoque.

Astérix au musée de Cluny, du 26 octobre 2009 au 3 janvier 2010.

A lire: Goscinny la liberté d'en rire de Pacal Ory aux éditions Perrin

http://www.youtube.com/watch?v=LkBmg2Ynzz8

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26 octobre 2009

La douceur angevine

Ce week-end je suis allée...en Anjou! 2h30 de T.G.V et un formidable voyage à travers le temps. Plus précisément, j'ai passé deux jours a Fontevraud. Connue pour son abbaye royale, Fontevraud est située aux confluents du Maine et Loire, de la Vienne et de la Loire. Un charmant village calme et blanc de par la pierre caractéristique de la région: le Tuffeaut. Une pierre blanche dont les carrières fleurissent en Anjou, et qui couvre toutes les bâtisses de la région, laissant cette sensation paisible et cet air "centre de la France" aux rues de la région.

L'abbaye de Fontevraud est à visiter ABSOLUMENT. D'abord tout simplement pour sa beauté et son élégante architecture gôthique si claire et épuré. Ses bâtisses: belles, simples et agréables. Mais l'abbaye vaut le détour avant tout pour l'originalité de son histoire. Explications. Au XIIe siècle, était un certain Robert d'Abrissel. D'abrissel était ce que l'on appelle un "personnage". Sorte d'original charismatique des temps anciens, ce moine réformateur errait sur les chemins de France en compagnie d'une horde de disciples. Anachorètes, cénobites et "pécheresses repenties"(prostituées dans le langage ecclésiastique médiéval) composaient la petite troupe. Très ouverte à l'innovation à l'époque, l'Eglise (incarnée par le pape Urbain II) enjoint fortement notre nomade à s'installer et à fonder une abbaye. Ce sera l'abbaye de Fontevraud, habitée tout aussi bien par des femmes...que par des hommes. Et surtout. Dirigée d'une main de fer par...une mère abesse! Un visionnaire ce D'arbrissel, ou un féministe précurseur? A vous de voir.Il est ma foi intéressant de voir l'ouverture de L'Eglise cathôlique au XIIe siècle, pas encore prisonnière de ses châines institutionnelles et bien plus innovatrice qu'en d'autres temps. Reste à évoquer la mythique cuisine romane, qui à elle seule vaut la visite, permettant à la fois une leçon d'architecture, d'historiographie...et de cuisine! Un indice: on a ensuite des envies de saumon fumé!

Poursuivons donc ce voyage à travers les âges jusqu'en 390. Dâte de la mort de Saint Martin de Tours. Car la star des saint-pâtrons si on peut en parler ainsi est décédé à Candes Saint Martin. Une charmante bourgade escarpéee dont le clocher perchée dans les hauteurs angevines surplombe la Loire nous laissant jouir de jolies vues sur le fleuve. Pour ceux qui auraient besoin de réviser leur catéchisme, une histoire de Saint Martin permet de remettre les points sur les I dans l'Eglise de Candes. Cette dernière est d'ailleurs réjouissante, avec son gôthique léger, possédant notamment une colonne porteuse ahurissante de par sa finesse et son apparente fragilité.

Et puis il faut clore ce voyage temporel à Chinon, étape incontournable de la région. Une merveille de paix et de douceur de vivre. Chinon est connue pour trois raisons. Elle est le théâtre de la rencontre entre Jeanne d'Arc et Charles VII en 1428. Elle a vu naître et grandir Rabelais. Elle a du bon vin. Trois bonnes raisons de venir se promener à Chinon. En n'oubliant pas de se rendre au château fort, du plus pur style moten-âgeux comme on les aime, et laissant jouir de vues imprenable sur la Vienne. Les deux raisons de venir à Chinon que sont Rabelais et le vins sont sans doute quelque peu liées. Il n'est pas surprenant que le grand Rabelais, géniteur d'un Gargantua et d'un Pantagruel,célèbre entre autre pour ses descriptions orgiaque des festins moyen-âgeux ait grandi dans une ville telle que Chinon. Ainsi, en se ballandant dans le vieux Chinon, on sent l'atmosphère d'une ville où il fait bon vivre. Rues étroites, maisons à colombages, terrasses suppliantes, librairies poussiéreuses...le voyage à travers le temps et la France se termine bien. J'ai envie de passer plus de temps ici à hûmer l'air de temps oubliés, à boire un cabernet en écoutant des anectodes érudites sur Jeanne la Pucelle ou Rabelais...Mais le retour à Paris pointe déjà son nez.

Il est à présent 18h30. Le T.G.V vers la capitale est plein à craquer et je tente de tenir assise par terre entre deux wagons et une montagne de valises. Je repense à cet étrange week-end dans des contrées reculées. Plongée dans les temps médiévaux, j'en avais presque oubliée l'existence du T.G.V!

A voir aussi:

la champignionnière du saut du loup. Une visite amusante dans des grottes creusées à l'intérieur de falaises de Tuffeaut, pendant laquelle on apprend l'histoire de la culture du champignon de Paris. On découvre l'existence du Ta Shii ké, un champgnon japonais qui aide à diminuer le choléstérol. Instructif!

A écouter:

la jolie chanson de Ridan, reprise du poème "heureux qui comme Ulysse" de Joachim du Bellay évoquant le paisible Anjou.

  http://www.youtube.com/watch?v=mOT5UjfMmQA

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13 octobre 2009

Le Métro

Je me suis très vite surprise moi même. A m’habituer. I pod sur les oreilles, claquemurée dans mes ruminations, pas un sourire ni un regard au pseudo-accordéoniste ambulant ou au SDF tonitruant passant de sièges en sièges. C’est comme ça qu’on semble être à Paris.Cloisonné.Partageant tous le même wagon, chacun est isolé dans sa propre bulle, et le jeu semble être d’éviter à tout prix le  croisement  des regards ou le moindre frôlement avec son voisin. Drôle de jeu. Ou un regard échangé rend mal à l’aise. Et ou à 18h30 un vendredi soir, les corps se collent, les odeurs de transpirations se mêlent, mais chacun semble s’excuser de tant de proximité avec son voisin.

Mais ce qu’il y a de bien dans le métro, c’est l’Histoire dont il est chargé. C’est comme un perpétuel voyage à travers le temps. Cela a quelque chose d’excitant de lire les noms de stations. On ne sait pas exactement pour toutes à qui elles font référence, mais ça sent la poussière et la vielle pierre.

Que ce se soient des noms prestigieux, Franklin D. Roosevelt, ou des figures emblématiques, comme Louise Michel, des batailles fameuses-Alesia-, ou plus obscures, Bir Hakeim, les trajets du quotidien sont rythmés pas des noms de l’Histoire avec un grand H.

Et puis il y a également tous ces lieus qu’on connaît sans connaître. Les champs élysées de Dassin ou le châtelet de Pagny. Des noms qu’on connaît tous à travers nos lectures ou nos écoutes. Et qu’on côtoie quotidiennement en changeant de rames.

Le métro c’est aussi le son cristallin d'une flûte traversière dans une rame vide à minuit et demi sur la ligne 8. C’est un chanteur entonnant  la bamba et déridant tout un wagon. C’est un opéra bouleversant à Concorde entre deux lignes. Ce sont des lieux chargés de poésie, des ornements romantiques, les Metropolitan, emblêmes de Paris que l’on doit à Guimard.

Enfin l’étrange charme du métro concurrence sa criarde misère. Car le métro, c’est le lieu le plus ostentatoire de la pauvreté, et du fossé entre insérés socialement et exclus.

Voici donc quelques liens vers des chansons à propos du métro:

Ce lien est vers une chanson désormais célèbre du chanteur Anis sur son métro. Lui même ayant eu l'habitude de jouer à ses débuts dans le souterrains parisien.

http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/mon%20metro

Chanson de Mad in Paris très années 90 sur le blues de Paris

http://www.youtube.com/watch?v=_jCh-JXq3PU

Chanson de Florent Pagny sur la station Châtelet les Halles

http://www.youtube.com/watch?v=7hkWeG2a_M4

Chanson du groupe Java sur le métro

http://www.youtube.com/watch?v=f8tTw2fL0qU

Chanson fameuse du groupe téléphone: Métro c'est trop

http://www.youtube.com/watch?v=aDWBvP8X_3k

Autre références :

Le film Subway de Luc besson se déroulant entièrement dans le métro.

Le roman Zazie dans le métro de Raymond Queneau qui a pour toile de fond le métro parisien.

 

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26 avril 2009

Rennes 2: la "fac rouge"

14h00 : l’Assemblée Générale de Rennes 2, (université « rouge » de lettre et sciences humaines)s’ouvre, comme tous les lundis à la même heure depuis un mois et demi.

Sous le fameux graffiti "Vive la Commune"inscrit au dessus du célèbre « hall B », emblème de l’université en lutte, une table et quelques chaises sont installées, surplombant le campus, pour faire office de tribune. Quelque 2000 personnes sont présentes, ce qui est beaucoup proportionnellement aux autres A.G et pourtant très peu si on prend en compte le nombre total d’étudiants, c'est-à-dire 16000.

De 14h00 à 18h00, de nombreux étudiants (grévistes pour la plupart) prennent successivement la parole, sur des sujets divers et d’une pertinence contrastée. Certains apportent de nouveaux arguments, d’autres brassent du vent, quelques uns s’énervent, s’indignent, haussent le ton, appellent à la lutte ou au déblocage, au soulèvement ou au nettoyage… l’ambiance est sympathique même si quelques personnes font preuve d’une mauvaise foi assez agaçante ou d’une naïveté plutôt frappante.

Si de nombreux étudiants de  l’université sont las des A.G interminables ou l’on peut faire voter tout aussi bien la fin du capitalisme que la création d’un four à pain au sein du campus, les A.G ont selon moi le mérite d’inciter à une réflexion forcée sur la politique, les moyens d’actions à mettre en place et permettent aux étudiants de se positionner soi même et de se situer par rapport aux intervenants. Peu d’étudiants en France ont l’opportunité de vivre ces expérience de prise de parole civique ni de se politiser autant qu’ici, au sein de l’université Rennes 2. Quant d’autres étudiants se préoccupent de leur carrière et de leurs futurs salaires, les étudiants de Rennes 2 refont le monde, et se placent toujours dans une perspective universelle qui ne peut être condamnable.

D’un autre côté, on peut aussi dire bien sur que peu d’étudiants ont autant d’opportunité pour… ne pas aller en cours !   Ainsi, sur les trois années de la licence d’Histoire que j’ai effectuée à Rennes 2, environ 5 mois de cours furent perturbés sinon inexistant. Sous l’effet du blocage total, la fac se vide de l’intérieur, petit à petit, les grévistes se referment sur eux-mêmes et ne cherchent plus à convaincre personne. Plus les AG passent et le mouvement se prolonge, plus les grévistes se radicalisent et renoncent à l’un des projets de départ, c'est-à-dire étendre le mouvement, politiser le plus grand nombre et atteindre des objectifs précis.

Assister à une Assemblée Générale aujourd’hui, c’est écouter pendant plusieurs heures des personnes déjà acquises à la « lutte » s’entre dévorer sur des questions de forme ou les modalités d’une mobilisation non assurée. Il est dommage que les Assemblées Générales ne soient faites que par et pour les étudiants grévistes et il est regrettable que d’autres points de vue ne se fassent pas entendre.

De même, à la fin avril, l'initiative "Rennes 3" (Troie) est déjà aux oubliettes. Cette faculté alternative créée par les grévistes, proposant des conférences sur des sujets de société, des projections de films ou des pièces de théâtre permettait de maintenir l’université en effervescence durant son occuppation. Elle apportait une réflexion sur les relations élèves-professeurs, les élèves de Rennes 3 en l’occurrence devenant les vrais protagonistes enthousiastes et pleins d’initiative de l’université en grève.

Aujourd’hui, l’espoir qu’avait fait naître l’innovation et l’importance de la mobilisation du début du mouvement contre les réformes en février 2009 a laissé place à la lassitude face à une très mauvaise parodie des éternels blocages de Rennes 2. Une poignée d’étudiants tente vainement de réveiller l’université, mais la forme du blocage paraît n’être plus appropriée, provocant plus l’énervement des étudiants et le renfermement sur eux-mêmes chaque jour un peu plus important des étudiants grévistes.

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